Applied Concept ARB

Great Game machine : grande... mais chère

Annoncée dans notre numéro 8, la Great Game Machine, d'Applied Concepts, est à présent en vente en France (distribuée par France Double R).

Ressemblant comme deux gouttes d'eau au Modular Game System qui était livré avec le module d'échecs Sargon 2.5, cette grande machine de jeux est destinée à recevoir une nouvelle collection de modules : tout d'abord

Borcheck (dames anglaises ou checkers),
Las Vegas (un jeu de casino, évidemment),
Kriegspiel (un amusant compromis entre les échecs et la bataille navale).

Ces trois modules ne nous semblent pas d'un intérêt considérable et auront, à notre avis, bien du mal à justifier leur prix !

Deux jeux, en revanche, sont particulièrement gâtés :

Othello/Reversi (sous le nom d'Odin) et, toujours, les échecs.

Pour les échecs

Il faudra sans doute attendre le mois de juillet pour pouvoir tester le système complet.

En effet, les programmeurs d'Applied Concepts ont choisi pour ce nouveau produit une voie originale et semble-t-il très prometteuse.

Le programme se décompose en effet en trois parties, chacune enregistrée sur un module différent : tout d'abord une très large bibliothèque d'ouvertures nommée Grünfeld, puis le programme du milieu de partie Morphy et enfin le programme de finale Capablanca. Or pour l'instant, seule est encore disponible Morphy, capable, il est vrai, de disputer des parties entières.

Le trio gagnant

Le trio gagnant

Quant au programme d'Othello/Reversi,

Il se révèle nettement supérieur à la machine japonaise importée par Dujardin. Nous avons demandé à François Pingaud, le représentant français aux derniers Championnats du Monde de l'essayer. Voici ses commentaires.

Le programme a huit niveaux de difficulté, son temps de réflexion au niveau maximum étant très supportable (en quelques parties, il n'a pas dépassé les trente secondes).

Il peut résoudre des problèmes, ou plutôt il peut réfléchir à partir d'une position entrée de l'extérieur.

Il peut, en cours de partie, revenir à un coup en arrière, changer de couleur, proposer un meilleur coup à son partenaire humain.

Des fonctions bien utiles que l'on ne trouvait pas sur la machine Dujardin. En revanche, comme pour la plupart des machines d'échecs, le joueur doit manipuler lui-même les pièces du jeu sur un damier.

Ce qui peut être considéré comme un avantage esthétique (et fournir un matériel de jeu entre joueurs) a cependant l'inconvénient de demander un travail au joueur, et du temps : il doit retourner ses propres pions, et ceux de la machine lorsqu'elle lui a indiqué son coup. Cela peut amener des erreurs dans la manipulation, bien que la machine indique, pour ses coups comme pour ceux du joueur, le nombre de retournements impliquas. Il est de plus toujours possible de vérifier la position de la partie, et interrogeant la mémoire de la machine.

Quelques (petits) défauts matériels : la machine utilise le courant-secteur, et ne peut être utilisée avec piles, ce qui réduit sa maniabilité (il est prévu une batterie, mais ce sera cher !) ; il n'y a pas de pion en surplus en cas de perte de l'un d'eux (encore !); enfin, les touches-contact demandent un peu trop d'énergie pour se déclencher.

On peut enfin regretter que, comme dans la plupart des cas, l'éditeur ne fournisse pas un minimum d'indications sur le contenu de programme : différences entre les niveaux, puissance de calcul, connaissance des débuts. Cela oblige en fait à tirer des conclusions, peut-être hâtives, à partir d'essais formant une sorte d'échantillon.

Le programme a, semble-t-il, un catalogue de débuts jusqu'au cinquième coup ; un mystère : il ne joue qu'un seul début lorsqu'il est programmé au niveau le plus haut. Quant à sa puissance de calcul, notamment sur la fin de la partie, aucun signe extérieur (temps de réflexion) ne l'indique, alors que le programme Tsukuda (Dujardin) calcule à l'évidence sept coups avant la fin.

Mais appartenant à une nouvelle génération, le programme Applied Concepts est sensiblement plus fort que son prédécesseur, comme le montre la partie reproduite ci-dessous, où les deux machines évoluent à leur niveau maximum.

Pour terminer,

Il faut bien parler des prix et c'est là que tout se gâte.

La Great Game Machine, livrée avec un module, coûte environ 3 000 F. C'est très cher pour jouer au Reversi.

Quant aux échecs, le système complet, avec les modules supplémentaires Grünfeld et Capablanca (environ 1 000 F chacun), reviendra à quelque 5 000 F !

L'avantage de la conception modulaire devrait être l'économie pour les amateurs de plusieurs jeux.

Mais faisons un petit calcul.

Une G.G.M. avec son module Morphy, plus les modules Gründfeld et Capablanca, plus un module Odin (Reversi), plus le module de dames anglaises (on préférerait des françaises) reviendra par exemple à 3 000 + 1 000 + 1 000 + 1 000 + 1 000 = 7 000 F !

Reste une seconde formule que beaucoup préféreront sans doute. Le même fabricant propose les mêmes programmes dans des machines spécialisées non modulaires (Morphy Encore, Odin Encore...) qui ne coûtent que 2 000 F.

On peut considérer, par exemple, que pour le programme d'échecs Morphy, c'est ... raisonnable.

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