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La Puce

La Puce N7

La puce échiquéenne N7

Sommaire:
1) Point de vue : Chess Assistant.
2) Au banc d'éssai : Hiarcs 2.1.
3) Les machines participent à ... : Aegon et Munich.
4) Calcul et compréhension.
5) Programmation.
6) Le courrier de la puce.
7) Classement ELO.

Hiarcs 2.1

C'est au tour du champion du monde des logiciels 1993 de subir les tests de La Puce Echiquéenne. Il s'en sort plutôt bien, mais son arrivée un peu tardive restreint ses chances de s'imposer dans un marché déjà très concurrentiel.

Les logiciels d'échecs PC de haut niveau ont le vent en poupe.

A l'heure où j'écris ces lignes, nous attendons avec impatience Fritz 3, qui s'est illustré dans le tournoi de blitz PCA Intel, et Gideon 2, qui a fait le meilleur score des machines au tournoi Aegon. Compte-rendu dans le prochain numéro de La Puce...

Mais en attendant, il était logique d'examiner d'un peu plus près Hiarcs 2.1, proclamé champion du monde des logiciels l'an passé. Rappelons qu'il avait obtenu ce titre en tournant sur une station de travail Unix Sun Sparcstation 10, et bien entendu compilé en 32 bits. Comme par hasard, la version PC commercialisée est quant à elle en code 16 bits. Elle peut donc fonctionner sur le plus lent des PC, mais ce qu'elle gagne en universalité est perdu en performances.
Hiarcs sous-exploite largement les 486, et que dire des Pentium...

Force de jeu

Nous avons pu travailler sur les versions 2.0 et 2.1 de Hiarcs. La rumeur selon la-quelle la 2.1 serait assez nettement supérieure à la 2.0 ne s'est pas vérifiée dans les tests. Voyons tout d'abord les résultats de la grille ELO, sur 486 dx2-66 :

Test LCT II

Version Pos. Cbm. Fin. Elo
2.0 34% 38% 26% 2251
2.1 31% 38% 26% 2239

La 2.1 est même en très léger repli, encore que l'écart est bien trop faible pour que l'on puisse en déduire des certitudes absolues. Toujours est-il que Hiarcs 2.1 trouve certains tests plus rapidement et d'autres plus lentement que la version 2.0, les résultats s'équilibrant globalement sur l'ensemble des tests.

Lors de mini-matches de blitz en 4 parties, Hiarcs gagne très nettement 3.5 - 0.5 contre Fritz 2, et perd tout aussi nettement contre Chessmaster 4000 Turbo par 1 - 3. Au vu de son comportement lors des parties, Hiarcs se situe plutôt dans la catégorie «intermédiaire», légèrement supérieur à Socrates 3.0 et Zarkov 3.0, assez nettement supérieur à Fritz 2, mais en dessous du top niveau de Genius 2.0, Chessmaster 4000, Gideon ou M Chess Pro.

Dans ces conditions, les prestations de Hiarcs sont un peu décevantes pour un champion du monde, même si elles ont énormément progressé depuis sa version 1.0, qui rappelons-le n'obtient que 2141 sur la grille Elo. Cette progression d'une centaine de points est de toute façon remarquable et méritait d'être soulignée.

Le style de Hiarcs est très agréable, car par certains côtés très «humain». Dans une des parties blitz contre Chessmaster 4000, il a réfléchi 50 secondes sur un seul coup, et 30 secondes sur un autre coup alors que la partie entière dure cinq minutes ! Ceci est étonnant pour un programme et démontre quelques nouveautés algorithmiques intéressantes dans la gestion du temps. Au final, Hiarcs est un adversaire agréable et plutôt offensif, un peu comme Fritz et Chessmaster 4000, et moins «bétonneur» que Genius 2.

Utilisation

Hiarcs est un des rares logiciels qui se contentent encore d'un simple 8086 ou 80286 pour fonctionner, au même titre que Fritz et Zarkov. Comme la plupart des forts programmes (hormis Chessmaster 4000), il est protégé et vous donne droit à deux installations sur disque dur, avec désinstallation possible. En fait, le type de protection employé est exactement le même que pour Genius 2.

Hiarcs met en oeuvre des tables de transposition (Hash-Tables), mais celles-ci sont gérées en mémoire conventionnelle et non en mémoire étendue comme sur Fritz 2. De ce fait, leur taille ne dépasse pas 160 Ko. Voilà donc un autre objectif d'optimisation pour le programmeur de Hiarcs, Marc Uniacke.

En ce qui concerne l'ergonomie, Hiarcs est très similaire à Fritz. La mise en place des positions est rapide grâce à une borine utilisation de la souris : un clic sur le bouton gauche place une pièce blanche, et un clic sur le bouton droit place la même pièce mais pour les noirs. La gestion de la souris est souple et sans à-coups notables. Les options habituelles de tous les bons programmes sont présentes, et vous pouvez à ce sujet vous référer au tableau des fonctionnalités des logiciels paru dans le précédent numéro de La Puce Échiquéenne.

Notons que le mode graphique employé par Hiarcs n'est même pas un VGA 640 x 480, apparu en 1987 (!), mais un EGA 640x350, donc avec une définition plus faible. Pour les historiens de la micro, le mode EGA est apparu avec le premier IBM PC AT (286-6 Mhz) en ...1984 ! Ca ne nous rajeunit pas, et donne à Hiarcs un petit air vieillot, comme l'avait Genius 1.0 et comme l'a encore Socrates 3.0. En tout cas, on est loin de Chessmaster 4000 !

Bilan

Hiarcs est donc un fort programme qui serait encore beaucoup plus fort s'il était optimisé pour les PC modernes. Avec plusieurs Mega-octets de Hash-Tables et un code 32 bits, il pourrait certainement taquiner les ténors de la catégorie. Je n'ai aucun scrupule à insister sur ce point sachant que le récent Fritz 3 est optimisé pour le processeur Pentium, et que la place naturelle des PC 8086 et 286 est depuis quelques années déjà au musée.

Pour le reste, on appréciera la facilité de manipulation de Hiarcs et la souplesse de l'interface, sobre et efficace à défaut d'être très jolie. Dernière précision : le programme ne reconnaît que l'anglais et l'allemand, ce qui ne manquera pas d'irriter les ardents défenseurs de la langue française.

Finalement, Hiarcs, malgré ses qualités, ne se détache pas vraiment du lot des forts programmes pour PC. Les passionnés l'achèteront certainement (comme tous les autres programmes d'ailleurs !), mais la majorité des joueurs sera plutôt attirée vers un Chessmaster 4000 visuellement plus attrayant ou un Genius 2.0 dont la réputation n'est plus à faire.

Frédéric LOUGUET
Publié avec l'aimable autorisation de son auteur.


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