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1950-59

Les années 50

Années...

- En 1950, Alan Turing écrit le tout premier programme d’échecs. La même année, il présente le test de Turing qui est une proposition de test d'intelligence artificielle. La machine ayant la faculté d’acquérir des habiletés lui permettant d'imiter l’être humain et de rivaliser avec lui. Si, au cours d’une expérience, l'homme qui interagit n'est pas capable de dire qui est l'ordinateur et qui est l'autre homme, on peut considérer que le logiciel de l'ordinateur a passé le test avec succès.

- Le mathématicien américain Claude Shannon définit :

les bases de ce que sera plus tard la programmation échiquéenne. En utilisant la branche des mathématiques nommée théorie des jeux, définie par John Von Neumann et Oskar Morgenstern, il applique le premier la méthode du minimax.

élabore un programme informatique d’échecs qui est présenté dans un article intitulé «Programming a computer for playing chess» publié dans le Philosophical Magazine, Série 7, Vol. 41 (No. 314, mars 1950). En fait, cela constitue le tout premier article sur les échecs et l’ordinateur.

- En novembre 1951, le docteur Dietrich Prinz écrit le premier programme d’échecs pour l’ordinateur Manchester Ferranti. Ce programme permettait de résoudre des problèmes de mats en deux coups simples (certains mats en deux coups peuvent être plus compliqués à résoudre comme, par exemple, lorsque qu’il y a beaucoup de pièces sur l’échiquier).

- Le célèbre mathématicien britannique Alan Turing a été l'un des tout premiers (avec l'allemand Konrad Zuse) à étudier les échecs d'un point de vue informatique. Faute de machines assez puissantes, il simule son programme en le faisant tourner à la main, ce qui lui demande environ 10 minutes de travail par coup ! Son programme sur papier Turbochamp joue (et perd) une partie contre un très faible joueur en 1951.

- Alick Glennie, qui fut celui qui élabora le premier compilateur informatique, battit TurboChamp le programme d’échecs élaboré par Turing. Glennie, en fait un collègue de Turing, fut donc le premier humain à battre un programme informatique aux échecs.

- Incidemment, Turing ne terminera jamais son programme d’échecs.

Turing - Alick Glennie

- En 1953, Turing incorpore un exemple de son programme d’échecs en action au chapitre 25 «Digital Computers Applied to Games» du livre «Faster than Thought» de B. Bowden.

- En 1956, à Los Alamos, une expérience est menée à l’aide d’un ordinateur Univac MANIAC I (11 000 opérations à la seconde) qui est programmé pour jouer aux échecs.

- Cette première est réalisée une un plateau réduit à 36 cases (6 x 6) qui ne comporte pas de fous et deux pions en moins de chaque côté. Les ordinateurs n'ont pas encore la puissance suffisante pour gérer toutes les règles et déplacements, on a donc éliminé les fous de l'échiquier, mais c'est un premier pas encourageant.
Ce sera la première expérience documentée relatant le fonctionnement d’un programme d’échecs.

- A l’époque, 12 minutes étaient nécessaires à l’Univac MANIAC I pour atteindre une profondeur de recherche de 4 demi-coups (1 demi-coup est un coup des blancs OU un coup des noirs). Toutefois, si l’on menait la même expérience sur un plateau réglementaire de 8 x 8 incluant les fous, 3 heures alors étaient nécessaires pour atteindre la même profondeur de recherche. Cet ordinateur était doté d’un mémoire de 600 mots, d’une capacité de stockage de 80K, d’un processeur tournant à 11KHz et d’un total de 2 400 tubes électroniques.
L’équipe responsable de la programmation de cet ordinateur était dirigée par Stan Ulam.

Maniac: Mathematical Analyzer, Numerical Integrator, and Computer or Mathematical Analyzer, Numerator, Integrator, and Computer

- En 1957, Alex Bernstein du M.I.T (Massachusetts Institute of Technology) élabora un programme d’échecs destiné à tourner sur un ordinateurIBM 704.

Il pouvait calculer 42 000 instructions à la seconde et comptait sur une mémoire de 70 Kb. Ce fut le premier ordinateur en mesure de jouer de véritables parties d’échecs.

Il atteignait une profondeur de recherche de 4 demi-coups en 8 minutes de calcule. Cette configuration programme/machine pouvait battre un amateur.

La saisie des coups se faisait à l'aide de cartes perforées. Outre une meilleure fonction d'évaluation, les concepteurs se penchèrent sur la sécurité du roi, une des clefs de la réussite d'un programme. Une troisième évolution fut l'abandon de la force brute au profit de la sélectivité des coups. Mais les performances étaient encore très médiocres.

- Herbert Simon prédit que dix ans plus tard, un ordinateur Digital serait champion du monde des échecs.

Alex Bernstein joue aux échecs avec un IBM 704

- En 1958, l’algorithme Alpha-Beta est découvert par trois scientifiques du Carnegie-Mellon (Allen Newell, John Shaw et Herbert Simon). Avec ce nouvel outil, l’ordinateur ne gaspille pas ses ressources à explorer des variations moins prometteuses et concentre ses efforts sur les avenues les plus profitables. Ainsi, au lieu d'explorer l'arbre des coups "bêtement" dans le sens de la largeur, on stoppe l'exploration sur les branches dont les meilleurs noeuds sont nettement moins favorables que les meilleurs coups possibles déjà trouvés sur d'autres branches.

- Un programme d’échecs (NSS) bat officiellement un humain pour la première fois.
Ce joueur est en fait une secrétaire à qui l’on avait appris les rudiments des échecs une heure avant sa partie contre l’ordinateur. Pour la circonstance, le programme tournait sur un ordinateur IBM 704.

- Certains des premiers programmeurs d’échecs prédirent qu’un ordinateur pourrait être champion mondial d’échecs avant 1970.


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