La Puce N°1 |
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La puce échiquéenne N°1
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Sommaire: |
Juillet 1992 |
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3) AU BANC D'ESSAI : LA CHESS MACHINE
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Voilà un adversaire pas comme les autres, dans la mesure où il s'agit d'une combinaison matérielle / logicielle adaptable à tout ordinateur personnel compatible PC. |
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La partie logicielle
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s'installe sur le disque dur du PC. Lorsque l'utilisateur lance le logiciel, le code du programme se télécharge sur la carte RISC, tandis que l'interface graphique tourne sur le PC. On peut justement saluer la qualité de cette interface, bien supérieure à celles des programmes d'échecs concurrents sur PC. Le choix des couleurs est judicieux, les pièces bien dessinées en mode VGA haute résolution : rien à dire au niveau esthétique. La gestion de la souris est elle aussi remarquable, et toutes ces caractéristiques d'ergonomie font de Chess Machine le logiciel d'échecs le plus agréable à utiliser sur écran. Les fonctions usuelles sont évidemment présentes : retour arrière, avance rapide dans une partie, possibilité d'aller à un coup donné, etc. Le nombre de niveaux de jeu est réglable à volonté par l'utilisateur, et les principales cadences sont sélectionnables directement. On peut aussi limiter la profondeur de recherche ou choisir un niveau spécial de recherche de mats. Le programme peut jouer contre lui-même ou arbitrer une partie entre deux joueurs. |
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Pendant l'analyse,
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le programme peut afficher sa fonction d'évaluation et le nombre de demi- coups. La sauvegarde des parties sur disquette ou disque dur est complétée d'une sauvegarde de la configuration choisie par l'utilisateur (couleurs, options diverses) qui sera automatiquement chargée au lancement du programme. Mais l'un des points forts de Chess Machine est la gestion de la bibliothèque d'ouvertures extrêmement complète mais surtout intégralement modifiable par l'utilisateur. |
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L'arbre des variantes
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s'affiche à l'écran, il est alors possible de le modifier à loisir, d'éliminer des variantes ou d'en incorporer d'autres, et même de modifier la probabilité que le programme joue telle ouverture plutôt que telle autre. La mise en place de positions est là encore d'une grande simplicité. Parmi les fonctions diverses, il est possible de régler la sensibilité de la souris à partir du programme, d'imprimer des positions ou de choisir un style de jeu : débutant, force brute, pas de réflexion pendant le temps de l'adversaire, ou encore agressif. Dans ce dernier mode, Chess Machine est assurément moins fort qu'en mode normal mais assure le spectacle en attaquant sans relâche, parfois même en oubliant de roquer et en s'exposant à des contre-attaques sauvages! |
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La qualité d'utilisation
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et les fonctions de Chess Machine sont donc de très haut niveau. Mais si vous lisez ce numéro, vous êtes certainement joueur d'échecs, et c'est donc le niveau de jeu du programme qui vous intéresse en premier lieu. Autant dire tout de suite que vous ne serez pas déçu, à moins d'être grand maître... En blitz, Chess Machine est particulièrement redoutable contre un humain et vaut sans doute au- dessus de 2400 points. En parties longues, il navigue très vraisemblablement entre 2250 et 2300 points. Une particularité de la Chess Machine est de pouvoir accueillir plusieurs programmes, celui de notre test étant le Chess 2.1 de Ed Schroder. Voici tout d'abord les résultats de notre grille: |
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La grille montre bien les forces et les faiblesses de Chess Machine. Il est particulièrement impressionnant dans la recherche de mats : le voir annoncer mat en 7 coups en 1 seconde sur le mat n°2 fait froid dans le dos... Egalement très bon en finale, il présente néanmoins quelques lacunes étonnantes, notamment sur les pièges 3 et 4 et les combinaisons 2 et 4, non trouvés au bout d'une heure. |
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LES RENCONTRES EN FIGURES IMPOSEES
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En faisant jouer les programmes en ouvertures imposées, nous nous assurons de l'impossibilité pour les deux adversaires de placer un piège de bibliothèque. C'est donc uniquement la valeur des programmes, livrés à eux-mêmes dès le début de partie, qui est évaluée. A ce petit jeu, on reconnaît tout de suite les logiciels qui "en ont dans la cervelle" et savent se développer harmonieusement. Chess Machine en fait incontestablement partie. |
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Résumé des matches :
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Pour moins de 5000 francs, carte RISC et logiciel compris, et à condition d'avoir un PC, il est possible de s'offrir un partenaire dont l'excellent niveau échiquéen va de pair avec une utilisation très agréable. Le seul inconvénient vient de la partie matérielle de Chess Machine, qui va nécessairement limiter la rapidité des développements. Il est certain qu'un logiciel seul, tel M-Chess, peut être mis à jour et amélioré beaucoup plus souvent qu'un ensemble hard/soft comme Chess Machine tout en coûtant moins cher. Cela dit, l'agrément d'utilisation de Chess Machine est nettement supérieur, et son niveau de jeu est indépendant du PC utilisé. |
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Publié avec l'aimable autorisation de son auteur. |
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New game ?
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5) Un peu de Technique.
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MICROPROCESSEURS ET ECHECS ELECTRONIQUES |
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AU BON VIEUX TEMPS DES 8 BITS.
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Les circuits 8 bits les plus connus sont le Z80 de Zilog et le 6502 de Rockwell. Si le Z80 a été beaucoup utilisé sur les micro-ordinateurs tournant sous système d'exploitation CP/M, avant l'arrivée de l'IBM PC en 1981, il n'a pas connu un grand succès sur les premières machines d'échecs. Tout au plus a-t-il servi de base aux premiers Fidelity Challengers. Pourtant, c'est intrinsèquement le plus puissant des circuits 8 bits, avec une fréquence d'horloge qui pouvait atteindre 4 Mhz avec le modèle Z80 - A dès 1980, une prouesse pour l'époque! Mais c'est un autre processeur, le 6502, qui va se révéler beaucoup plus adapté à la programmation des échecs, grâce à ses multiples modes d'adressage mémoire. Plus souple, plus facile à programmer, le 6502 était notamment au cœur de l'Apple II, et allait s'imposer pendant de nombreuses années comme "le" micro-processeur des échecs. Fidelity a produit la première machine à jouer au-dessus de 1700 Elo, le Sensory 9, sur la base du 6502, et aussi le Prestige, l'Elite, le Super 9, avec des fréquences allant de 2 à 5 Mhz, ce qui était vraiment un exploit pour un circuit 8 bits. Novag est la firme qui est restée le plus longtemps fidèle au 6502 avec les Constellation et Super Expert. Aujourd'hui, de nombreuses machines spécialisées d'entrée de game utilisent encore le 6502, mais plus aucun ordinateur personnel. |
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LES TEMPS CHANGENT
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Le Mephisto Amsterdam fut la première machine d'échecs à utiliser un processeur 16 bits puissant, le 68000 en 1985. La différence de niveau avec ses suivants immédiats fut telle que les constructeurs commencèrent à se demander s'il ne fallait pas passer à la génération suivante. |
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LE TOP NIVEAU
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Au-delà, on rentre dans le domaine des monstres 32 bits. Leur capacité d'adressage se chiffre en giga-octets (milliers de méga-octets!), et ils peuvent traiter en une opération des nombres de plusieurs milliards. Ces capacités sont en général largement sous- exploitées dans la programmation des échecs. En revanche, l'augmentation de fréquence d'horloge et l'apport de caches, c'est-à-dire de composants spécialisés très rapides faisant office de tampon entre le processeur et la mémoire centrale, produisent encore un gain de performances très impressionnant. Le 68020 et le 68030, encore plus puissant, sont tous deux utilisés sur les haut de gamme de Fidelity et de Mephisto. En terme de fréquence, le 68020 est souvent proposé à 12 ou 16 mhz, et le 68030 à 25 ou 33 Mhz, bien qu'il en existe aussi une version à 50 Mhz. Les fabricants "poussent" parfois artificiellement la fréquence des processeurs (un 33 mhz tournant à 36, un 50 Mhz à 60 Mhz), mais cela peut poser des problèmes de fiabilité si la différence entre la fréquence effective et la fréquence certifiée dépasse 20%. |
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16 bits :
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68000 à 8 Mhz: 0.5 Mips |
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32 bits :
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68020 à 12.5 Mhz:1.8 Mips |
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Ces chiffres sont donnés en valeur absolue dans l'hypothèse où les processeurs seraient exploités au maximum, ce qui n'est que rarement le cas dans les applications courantes, mais cela permet de donner une bonne approximation de la vitesse pure de ces circuits. Dans le cadre d'un logiciel d'échecs, un doublement de la puissance de calcul élève le niveau d'un programme d'environ 60 à 70 points Elo. |
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Et le PC?
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Les ordinateurs compatibles PC utilisent depuis toujours des processeurs Intel. Ces circuits n'ont jamais été implantés dans des machines d'échecs, car ils étaient plus complexes à programmer en assembleur. Le PC a donc longtemps été le parent pauvre des jeux d'échecs, car les programmes disponibles étaient loin des meilleurs ordinateurs spécialisés. Tout a changé depuis deux ans avec l'introduction de programmes du plus haut niveau. En 1992, un large choix de logiciels est disponible: M-Chess, Zarkov, Fritz, Chessmaster 3000, Sargon V, sans parler de la carte RISC Chess Machine, frôlant la barre des 2300 points Elo et se comparant aisément aux meilleurs Mephisto. La performance d'un logiciel est d'autant plus grande que la machine sur laquelle il tourne est puissante. |
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Voici comme pour les circuits Motorola un petit tableau récapitulatif pour les fréquences les plus courantes: |
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16 Bits
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16 bits |
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32 bits
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386 sx à 16 Mhz: 3 Mips |
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Si les 486-50 viennent à peine de faire leur apparition, les modèles 33 Mhz sont désormais très répandus et peu chers en comparaison de leurs puissance de calcul (environ 15 000 francs). Pour 20 000 francs, il est donc possible d'avoir une machine ultra rapide assortie des meilleurs logiciels d'échecs PC. Même si le confort de jeu est loin d'égaler celui d'un auto-répondeur, un PC aussi puissant peut servir à beaucoup d'autres choses, et il est toujours possible de jouer sur un vrai échiquier placé à côté de l'ordinateur. Cela a de quoi faire réfléchir. |
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Publié avec l'aimable autorisation de son auteur. |
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